Emotion pure

Ce que je racontais dans le billet consacré à ma dernière visite à Chinook, je l’ai revécu ce samedi de manière encore plus immédiate.

Journée fraîche après le retour du gel et une fin d’avril exceptionnellement glaciale, mais le ciel est grand bleu et le soleil tente de réchauffer les courants qui brisent de ci de là. Le troupeau est au pré bien sûr, le groupe des tout jeunes poulains et de leurs ‘éducateurs’ assez proche du portail et au loin, derrière le terrain qui redescend se devinent les croupes des plus âgés.

La bise ne souffle pas en ma faveur pour appeler Chinook. Elle renvoie ma voix dans mon dos. Du coup, je préfère m’approcher (je suis encore à plus de 50 mètres du groupe de Chinook) en silence en attendant de voir lequel va me voir en premier et quand Chinook va me repérer. C’est ce moment-là que je choisis pour m’arrêter et l’appeler. Il relève la tête, renifle encore une fois le sol et l’herbe à ses pieds, se redresse et entame une marche toute douce et toute détendue dans ma direction. Je m’accroupis et je le regarde me rejoindre.

Chinook me rejoint

La colonne vertébrale du centaure

A la Nouvelle Lune, Soleil et Lune se confondent… La Lune puise au Soleil ce qu’elle intégrera, émanera et manifestera durant les 29 jours suivants. Elle puise, elle se ressource, elle va à la source. Animus et Anima se rejoignent et forment ensemble une entité, un TOUT, une complétude. Ils circulent le long de la colonne vertébrale, fusionnent et se dirigent. Ils s’insufflent l’un l’autre, échange de fluides éthériques.

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Star Dust ~ 3

< épisode précédent

Si toi, chère lectrice ou cher lecteur, tu as dû attendre aussi longtemps pour avoir la suite de l’histoire de mon petit Gugus, c’est parce qu’il fallait à ma narration une illustration telle la photo ci-dessus prise il y a quelques jours… Une certaine vision du bonheur pour enfin être capable de revivre, en mots, ce qui s’est déroulé dans la cour d’une ferme cet été-là.

J’avais donc 13 ans environ et résonnait en moi la promesse du paysan : si tu réussis à apprivoiser ce poulain et à le ramener parmi nous, il est à toi ! 

Comme j’étais heureuse et fière de pouvoir me déplacer tout autour de l’écurie et dans le verger voisin avec Gugus sur mes talons ! Dans ma tête, j’avais mon cheval ! Et la famille du paysan semblait aussi heureuse que moi.

Les vacances d’été sont arrivées, Gugus grandissait au pré, dans les ‘jupons’ de sa mère, et me suivait pour jouer dès que j’arrivais. Mes souvenirs sont flous parfois mais je sais en moi combien cette belle saison fut merveilleuse. Et un jour, il a fallu que je retourne à l’école… J’avais moins de temps à lui consacrer, ce qui ne m’empêchait pas, tous les soirs après les cours et les devoirs, d’enfiler vite fait mes ‘habits du dehors’ et de courir le retrouver. Jusqu’au soir où, quelques deux semaines après la reprise de l’école, en arrivant à la ferme, j’ai trouvé leur stalle…. VIDE ! L’autre jument et l’autre poulain (ils n’ont même pas de nom dans ma mémoire) étaient bien là, mais Gugus et sa mère avaient disparu : le paysan les avait vendus !!

Vous décrire le traumatisme que cela a été pour moi était impossible jusqu’à récemment. Parce que jusqu’à Chinook, rien – par la vie et les événements, par mes choix et mes épreuves – n’est venu cicatriser, réparer cette blessure en moi. Ah si, peut-être une chose, dont je ne suis pas particulièrement fière… Faut dire que j’en ai tellement voulu au paysan qu’à partir de ce jour-là je ne suis plus jamais retournée dans sa ferme. J’en ai aussi beaucoup voulu à ma famille qui n’a pas levé le petit doigt devant cette trahison. La seule réaction de mes parents fut de me dire, comme à une amoureuse déçue et déprimée : un de perdu, dix de retrouvés… Sauf que personne ne m’encourageait dans mon désir de cheval, à part peut-être mon père, à demi-mots, qui était le seul à avoir aussi une affection particulière pour eux.

Ce dont je ne suis pas fière, donc, c’est d’avoir osé me réjouir quand le paysan est mort, asphyxié dans son silo… C’était quelques temps (mois ? années ?) après la mort tragique de mon père et cette mort-là eut dans ma bouche le goût de la revanche…

Le goût dans ma bouche aujourd’hui, après 40 ans de découragement et d’interdiction intérieurs à l’idée d’avoir mon propre cheval, vous le voyez sur la photo : tout est part-donné, Chinook est avec moi !

Tita, avril 2017

Coming Out

C’est surtout le printemps qui fait son coming out, encore une fois, à notre plus grand bonheur…

La fête d’anniversaire de Chinook s’est jouée en petit comité. La météo avait prédit un ‘temps merdique’ et c’est avec Fabienne, sa fille et sa petite-fille ET du soleil que j’ai eu le bonheur de célébrer le ‘young boy du jour’. With Clairette on the rocks !

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