3 ans – le débourrage

Ô Chinook …

Oooooh Chinook, Ô Grand Chinook !

Ta présence dans ma vie, c’est un soleil irradiant comme la couleur de ta robe, c’est une attache à l’instant emplie de sensations et de mouvement !

Aujourd’hui, pour la 1ère fois depuis ton arrivée à Vaulion, je suis montée sur ton dos, même que ça n’a pas été très réglo comme mise en selle, mais bon, nous avons de toute manière plein de détails à régler et plein d’apprentissages progressifs à explorer, toi et moi. Quand nous sommes partis en balade avec tes deux potes, Isis et Nelson, j’étais déjà émue.

Par cette matinée automnale, éclatante de mille feux, magnifique si ce n’était la sécheresse désastreuse qui sévit cette année, nous sommes partis vers les forêts et les chemins de la Dent. Là où l’humidité règne encore dans le foisonnement des petites pousses d’arbre, des hautes graminées bientôt sèches et de ce couvert végétal dont l’odeur même me renseigne sur sa richesse bénie. Là où s’ouvre, à même le pâturage déclôturé pour l’hiver, un chemin à peine tracé, au sol doux d’herbe rase, qui déclenche dans ton esprit comme dans le mien l’envie d’un joli trot cadencé ou d’un petit galop souple et joyeux. Là où, entre les frondaisons orangées de jaune ou de vert, la lumière s’amuse au kaléidoscope à ciseler troncs et branches au fil de nos pas heureux sur le chemin jurassique qui se comble lentement de feuilles mortes, odorantes et bruissantes.

Là où un trou dans la cime des arbres nous dévoile le panorama alpin par-delà la plaine. Là où, émue aux larmes, j’en ai versé une petite avec Line et Krystelle, mes compagnes pour cette première sortie montée.

Ô Chinook, je me sens si bien sur ton dos ! Je sens que tu es là, avec moi, que tu es attentif au langage de mon corps (que cette fois tu ne vois plus) comme tu l’es à chaque instant que je passe à pied à tes côtés. Là, à califourchon sur ton dos, j’ai pratiquement disparu à tes yeux, tu dois tourner la tête à droite ou à gauche pour me voir. Et dans cette posture, ce sont d’autres parties qui communiquent entre nous, différemment. Ma main est liée à ta tête par l’intermédiaire de ta bouche (sacrée responsabilité !), l’état de mon corps, sa tension ou pas, te renseignent sur l’état de ton ‘leader’, l’être à qui tu confies ton confort et ta sécurité, tes biens les plus précieux, pour avancer confiant et ouvrir le chemin. Ce ne sont plus mes bras en s’ouvrant et mes pieds en marchant qui t’indiquent la direction à prendre, le mouvement à effectuer. Ce sont maintenant mes jambes entières qui t’enserrent de part et d’autre, qui te pressent et te dé-pressent, le plus légèrement du monde je l’espère ! Accompagnées de mon centre de gravité que je fais fluctuer parfois d’avant en arrière, à gauche ou à droite, j’influence le tien, de centre… et, tu es peut-être planté sur quatre jambes, tu n’y es pas pour autant préparé avec 65kg de plus sur le dos : gare à la perte d’équilibre !

Mais n’oublie jamais, ô Chinook, que je suis là, aussi attentive à toi que tu l’es envers moi. Comme toi, je ressens chacune de tes tensions. J’ai dans mon dos ton moteur principal qui a besoin d’être écouté, stimulé parfois, soulagé quand la pente se fait trop raide. Et sous mes fesses, je sens bien cette mécanique quadruple qui se démultiplie à chaque foulée. Ne t’inquiète pas : au besoin, je te donnerai le coup de main (et de corps) qu’il faudra pour t’éviter de trébucher. Et toujours je regarderai les écueils qui peuvent se mettre en travers de tes beaux pieds : trou caché, pierre tranchante, barbelé oublié (gggrrrr….) et toutes ces petites choses que nous ne voyons plus du même oeil le jour où nous devenons cavaliers, sans oublier ces gros monstres que les humains disséminent un peu partout sur ta route…! Je t’en garderai, je te le promets.

Tu es aujourd’hui ma flamme de vie. Une flamme que je rêvais tant et qui, sortie du rêve, attise ma réalité de sensations et de sentiments que j’ai longtemps espérés et qui désormais font partie de mon quotidien. Je vis un rêve qui se concrétise jour après jour, et déjà je me réjouis de demain.

Ô Chinook, je t’aime.

Tita, le 21 octobre 2018

Chinook au 1er matin à Vaulion, avec Nelson et Isis (de g. à dr.)

Racines & pâturages

Ce matin, sur Facebook, j’ai reçu ce souvenir d’il y a 3 ans. C’est tellement beau que je poste cette vidéo ici en guise de souvenir…

Le temps passe vite, très vite. Chinook a fêté son 3e anniversaire au mois d’avril, nous entrons dans l’automne et, depuis une année maintenant, nous avons vécu ensemble des instants rares, précieux et très forts. Tout d’abord, son déménagement de son troupeau de Ponthaux à la ferme d’Yves, son débourrage que nous avons entamé en février et travaillé jusqu’au TET (Test en Terrain, passage spécifique des chevaux Franches-Montagnes) et son déménagement, il y a quelques jours, à 3 minutes de chez moi. Imaginez combien de choses j’ai à vous raconter….! Merci pour votre patience, je vais essayer de remonter là où j’en étais restée…

Du coup, si vous manquez de lecture, je vous propose le dernier article écrit ici. Chinook avait deux ans et vivait dans son troupeau à Ponthaux.

(mise à jour 21 octobre 2018)
Dur dur de revenir sur tous les événements, tous ces moments forts qui ont jalonné notre route depuis le printemps 2017… surtout que désormais je partage chaque jour quelques heures avec Chinook et que c’est à chaque fois une nouvelle pièce qui vient s’ajouter à notre histoire en puzzle. Du coup, les mots viennent sonner à la porte de mes doigts sur le clavier par les sensations et les émotions du présent, comme aujourd’hui avec notre première sortie montée.